Mardi 15 avril 2008
Le verdict est tombé : le directeur du CNOSF a interdit aux athlètes français d'aborder le badge "Pour un monde meilleur" lors des cérémonies d'ouverture et de fermeture et pendant toute la durée des J.O. (du 8 au 24 août). Pour lui, la charte des J.O. est simple : "aucune manifestation tangible de quoi que ce soit pendant les manifestations sportives et pendant le défilé des cérémonies d'ouverture et de clôture" a-t-il précisé lors d'une interview sur L'Equipe TV.
Bien évidemment, cette décision soulève de nombreux débâts. Le secrétaire de RSF demande aux athlètes de "passer outre" et d'avoir un peu de courage en abordant ce message qui est, avouons-le, un peu consensuel. Le message aurait pu être un peu plus fort, mais il a le mérite d'exister. Accoler le mot France n'implique que les athlètes français et le CNOSF.
En proposant cette action, les sportifs espérent pouvoir être tranquilles jusqu'aux J.O. car certains semblent être fatigués d'être la cible de tentatives d'"instrumentalisation et de récupération", d'après David Douillet. De plus, elle montre l'attachement aux droits de l'Homme des sportifs, déjà démontré par le perchiste Romain Mesnil qui avait proposé d'aborder un ruban vert lors des épreuves. Malheureusement, le geste a été interdit par le CIO, invoquant l'article 51-3 de la charte olympique : "aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n'est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique".
Le badge peut néanmoins être porté dans tout lieu externe à ceux où se dérouleront les jeux. Notons que Bernard Laporte, le secrétaire d'Etat aux Sports a soutenu cette proposition dans un entretien à Sud Ouest (05/04), en affirmant : "c'est tout simplement la meilleure des réponses possibles et surtout, une bonne solution".

Je vous joins ici les principes fondamentaux de l’Olympisme (en cliquant sur le lien, vous pourrez lire l'intrégalité de la Charte Olympique) :
1. L’Olympisme est une philosophie de vie, exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l’esprit. Alliant le sport à la culture et à l’éducation, l’Olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du bon exemple et le respect des principes éthiques fondamentaux universels.
2. Le but de l’Olympisme est de mettre le sport au service du développement harmonieux de l’homme en vue de promouvoir une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine.
3. Le Mouvement olympique est l’action concertée, organisée, universelle et permanente, exercée sous l’autorité suprême du CIO, de tous les individus et entités inspirés par les valeurs de l’Olympisme. Elle s’étend aux cinq continents. Elle atteint son point culminant lors du rassemblement des athlètes du monde au grand festival du sport que sont les Jeux Olympiques. Son symbole est constitué de cinq anneaux entrelacés.
4. La pratique du sport est un droit de l’homme. Chaque individu doit avoir la possibilité de faire du sport sans discrimination d’aucune sorte et dans l’esprit olympique, qui exige la compréhension mutuelle, l’esprit d’amitié, de solidarité et de fair-play. L’organisation, l’administration et la gestion du sport doivent être contrôlées par des organisations sportives indépendantes.
5. Toute forme de discrimination à l’égard d’un pays ou d’une personne fondée sur des considérations de race, de religion, de politique, de sexe ou autres est incompatible avec l’appartenance au Mouvement olympique.
6. L’appartenance au Mouvement olympique exige le respect de la Charte olympique et la reconnaissance par le CIO.


Cette décision arrive peu de temps après que le Dalaï-Lama ait une nouvelle fois menacé de quitter ses fonctions si la situation tibétaine ne s'améliorait pas. La Chine a en effet annoncé un nouveau déploiement de forces pour endiguer les mouvements de protestation des moines... Et pour la première fois,
le 12 avril, le président chinois Hu Jintao s'est exprimé à propos de la crise, pour dire que le problème du Tibet ne relevait pas du champ des droits de l'Homme mais de la souveraineté nationale : "si le dalaï-lama souhaite vraiment un accord, il doit le montrer par ses actions. S'il abandonne ses activités séparatistes, ses complots incitant à la violence, ses projets de sabotage des Jeux olympiques de Pékin, nous sommes prêts à tout moment à poursuivre le contact et le dialogue".

Ironie du sort, hier été dévoilé le nombre d'exécutions dans le monde en 2007... où la Chine siège en première place avec 470 mises à mort, pour un total mondial de 3437 morts. Selon Amnesty International, ce chiffre pourrait être loin de la vérité. Néanmoins, le chiffre chinois aurait été divisé de moitié par rapport à 2006, grâce à une réforme judiciaire instaurée par Pékin en janvier 2007, qui oblige à un contrôle systématique des condamnations à mort par la plus haute cour du pays, pour assurer que la peine capitale soit réservée aux crimes les plus graves.
Pers Bannister, spécialiste de la peine de mort chez Amnesty International pense réellement qu'il y a eu une baisse, mais avoue ne pas savoir "dans quelle mesure cette réduction durera ni ce qu'elle signifie puisque cela relève du secret d'Etat". Peut-être même que cette baisse annonce un redoublement des exécutions incessamment sous peu... Surtout lorsqu'on connaît les raisons des mises à mort, vu que plus de 60 crimes sont passibles de peine de mort : les crimes violents, la trahison, le trafic de drogue, le détournement de fonds, des malversations financières... Aucune réaction du ministère des Affaires étrangères chinois à propos de ce rapport, bien qu'il ait autrefois reproché à Amnesty international d'être "biaisé et hostile à la Chine".

Suite au prochain numéro...
par Guewan
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Un peu de relaxation dans ce monde de brutes


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