Si vous avez la télé (ou que vous pouvez la recevoir sur votre ordi), vous avez peut-être regardé le Théma d'Arte hier soir, consacré au Tibet. Si
non, je vous invite à le faire en cliquant sur ce lien (attention si vous lisez cette note dans une
semaine, il faudra aller sur la partie VOD d'Arte). En une cinquantaine de minutes, ce documentaire retrace la découverte du Tibet en 1938 par des chercheurs du 3e Reich, en passant par l'invasion
chinoise et à la situation actuelle. Et je dois dire qu'il était temps que les médias occidentaux s'intéressent un peu à leur situation.
Indépendant entre 1913 et 1950, le Tibet a toujours plus ou moins vécu sous l'oppression chinoise. Malgré une apparence de système féodal,
porté par des moines et quelques seigneurs, le pays est dirigé par le Dalaï-Lama qui a tous pouvoirs.
La situation est réellement grave depuis 1951, lorsque Mao Tsé Toung, moins de 100 jours après son investiture, contraint les Tibétains à signer un accord en 17 points en mai, dans lequel ils
admettent la souveraineté chinoise sur le Tibet en échange d’une promesse de respecter un très large degré d’autonomie. Evidemment, cette promesse ne sera jamais tenue. Depuis, la domination
chinoise, le massacre (on peut même parler de génocide ici), l'anéantissement d'un peuple (plus d'1 million de tibétains ont été tués), sont le quotidien d'un peuple quasi "disparu". En effet, ils
sont de moins en moins nombreux et même en minorité dans leur propre pays à l'heure actuelle. La sinisation est de plus en plus présente : éducation uniquement en chinois, commerce en chinois,
administrations en chinois... j'en passe et des meilleures.
Le bouddhisme est également menacé : depuis 1959, le Dalaï-Lama (révélé au monde à l'âge de 5 ans en 1940 par le biais d'une caméra britannique) est en exil et parcourt le monde pour tenter de
mobiliser l'opinion à propos de son pays. Malgré son Prix Nobel de la Paix en 1989, la situation n'a pas changé. La population jeune croit de moins en moins en son action et en la
non-violence...
Les récents événements ont fait l'objet de censures importantes. Un exemple : une vingtaine de morts annoncés, alors qu'on avoisine les cent cinquante en réalité. Je vous rassure, cela arrive à
chaque fois qu'il y a dictature (oui le mot est lâché !)... La preuve en est la Birmanie et les manifestations des moines : les chiffres annoncés ne représentaient que 20% des morts réels.
Quelques pays ont appelé au boycott (et non pas "boycottage" comme j'ai pu le lire sur le net !!!) des J.O. de Pékin pour sensibiliser la communauté internationale. Le problème c'est que les enjeux
économiques (à bien dissocier des enjeux politiques) sont énormes pour l'Occident : de nombreuses entreprises européennes travaillent avec la Chine. Il est donc plus difficile de dire que tout est
noir et tout est blanc. Néanmoins mon côté idéaliste aimerait voir ce boycott réalisé. Non pas de la part des athlètes car ce n'est pas leur rôle (et les J.O. représentent le travail de toute leur
vie), mais par exemple des pays accueillant la flamme et de ceux présents lors des cérémonies d'ouverture.
Si vous désirez faire un petit geste, je vous invite à consulter ce lien où tout est expliqué par
rapport à la mobilisation autour de la flamme. Vous pouvez vous vêtir aux couleurs du Tibet ou toujours acheter le t-shirt de Reporters sans Frontières (j'en avais parlé ici), voire même, si vous participez au Marathon de Paris, ils vous l'offrent sur présentation de votre attestation de participation.
Alors que je termine cet article, je viens de lire que le Dalaï-Lama appelle de nouveau à l'aide internationale. Pour en savoir plus, lire cette page d'Info-Tibet.
Et si vous désirez aller plus loin encore, vous pouvez signer cette pétition intitulée "L'appel à la solidarité avec
le peuple tibétain".